Mon début de vie

Mon début de vie
Mon père et ma mère sont devenus parents le jeudi 12 septembre de l'année 1989. Leur premier enfant, c'était moi ; ils me prénommèrent Maxime. Maxime Grandin. Vérité de La Palisse. Après moi vinrent deux frères, Thomas et Alexis.

Je n'ai pas eu une enfance extraordinaire, je n'ai pas vécu de période de troubles comme la guerre, je n'ai pas perdu mes parents étant jeune, ni même mes grands-parents. La seule personne que j'ai connue de près qui soit décédée quand j'étais petit est mon arrière grand-mère, la mère de la mère de ma mère. Elle s'appelait Renée ; je l'appelais Mémé Renée. Je garde de très bons souvenirs d'elle : les pommes que je mangeais chaque fois que j'allais la voir (elle habitait une maison mitoyenne à celle de mes grands-parents), le seul moment de Questions pour un champion que je regardais avec elle, à savoir celui où le candidat gagnant déclare « je reste », quand elle me disait « tu es trop petit, mon ami » alors que j'essayais d'atteindre la poignée de la porte-fenêtre, ou encore sa cafetière, son sablier pour les œufs à la coque, les peignes qu'elle mettait dans ses cheveux... Elle est morte en 1995 ; j'avais six ans à peine. Cancer du côlon. Mes parents n'ont pas voulu que j'aille assister à l'enterrement, j'étais trop jeune, d'après eux.

Je n'ai donc pas le profil idéal pour être écrivain. Il faudra donc trouver autre chose. Les plus grands écrivains avaient généralement des troubles de personnalité. Explorons de ce côté... Que pourrai-je devenir ? Mythomane ? Difficile alors d'espérer publier un jour une autobiographie... Paranoïaque ? Je le suis déjà un peu et Rousseau l'était aussi... Schizophrène ? Non, trop dur à simuler... Homosexuel ? Pfff, quel manque d'originalité ! Avis tout de même aux intéressés, au cas où... Non, je pense avoir trouvé mieux : prêtre. C'est sûr, cela devient rare ! Et après tout, pourquoi pas ? Je suis de religion catholique. J'ai été baptisé le 22 avril 1990, j'ai reçu l'Eucharistie le 14 juin 1998, la Profession de Foi le 24 mai 2001, j'ai été confirmé (pas par l'évêque, malheureusement) le 10 octobre 2004 ; prochain cap... je me retrouve face à une alternative : mariage ou ordination... Pour le premier, il faut avant tout de la volonté, mais aussi un binôme... Pour le second, la volonté suffit ; il semblerait donc plus simple de recevoir le sacrement de l'Ordination. Mais cela, seul l'avenir nous le dira.

Je ne sais par où commencer. Voyons, je suis né à Beaupreau, dans le Maine-et-Loire. J'ai vécu de 1989 à 1990 à Ste Christine, dans le même département, puis, pour des raisons professionnelles concernant mon père, j'ai habité un appartement à Bièvres dans l'Essonne, jusqu'en 1992. Enfin, je suis arrivé en Ille-et-Vilaine. A Châteaubourg précisément. Je vivais juste à côté de la chapelle Ste Anne, désormais fermée. J'y ai effectué ma maternelle (à Châteaubourg, pas dans la chapelle), avant de déménager pour St Jean sur Vilaine. Le Champ de l'Aire : dans le bourg, mais à l'écart des lotissements. C'est là que j'ai passé mes années de primaire, dans cette petite école qui depuis a tant changé... Etape suivante : collège St Joseph, Châteaubourg. Tout compte fait, j'aimais bien ce collège, mais pas ceux qui étaient dedans. Du moins la plupart. Je ne regrette pas d'avoir décidé d'aller au lycée à Rennes plutôt qu'à Vitré, où j'aurais retrouvé plus d'anciens « camarades ».

Que dire d'autre ? Je n'ai jamais voyagé à l'étranger autrement que par le collège (Angleterre, Espagne), à ma grande déception. Coïncidence ou signe du destin ? Ces deux voyages se sont soldés par des malheurs : trois jours après notre passage devant Buckingham Palace, la Reine Mère expiait. Plus grave, trois jours après que l'on a visité le jardin exotique de la gare d'Atocha, le 11 mars 2004, des attentats y étaient commis. Expérience étrange, cette angoisse lorsque le car croisait de nombreuses ambulances, le fait de se dire « à trois jours près », mais aussi cette surprise face à l'élan de solidarité des Espagnols, de nos familles d'accueil, qui accrochèrent alors des rubans noirs aux fenêtres.

Voilà, je ne vois pas comment poursuivre ce récit sans ce recul si nécessaire à l'autobiographe. Je ne prétends même pas avoir écrit ne serait-ce que le commencement de mon autobiographie, j'ai simplement essayé de faire une synthèse de mon existence qui, je l'espère n'en est pas encore à son achèvement (mais sait-on jamais ?). D'aucuns m'estimeront fou, d'autres, plus raisonnablement stupide ; et alors ? Je ne les ai pas obligés à lire tout cela ! Il est vrai que pour celui/celle qui espérait mieux me connaître en lisant ces quelques lignes, cela ne s'est certainement pas avéré instructif, mais peut-être aura-t-il/elle – ou pas ! – envie de me parler davantage afin de me cerner. Et puis, même si personne ne lit ce texte, quelle importance ? Je l'aurais tout de même écrit, ça sera sorti, je pourrai tourner la page, n'est-ce pas déjà pas mal ?

# Posté le vendredi 16 juin 2006 09:44

Modifié le mardi 26 février 2008 09:48

Regards

Regards
Un simple regard peut parfois en dire long. Je dirais même qu'un tas de choses peuvent s'y échanger, s'y partager. Un en particulier m'a marqué, non seulement à cause de cette impression fugace, mais également car toute une symbolique y était cachée, et ce n'est que plus tard que je n'en ai eu connaissance.

Nous sommes le lundi 5 septembre 2005, premier jour de cours à proprement parler. Il est tout juste 14h. Cours de physique, amphi 2. Je ne connais presque personne dans la classe. Tout le monde s'installe, le cours commence. Soudain, un regard. Oui, cela n'a duré qu'un instant, mais il n'en reste pas moins que je l'ai croisé, ce regard. Et je ne l'ai pas oublié, enfoui en ma mémoire. Cela s'est passé si vite ; j'ai tourné la tête, balayant des yeux ce groupe d'inconnus, et mon regard a été accroché par un autre. Top chrono : une seconde, pas plus, et nous détournons les yeux. Mais j'ai senti quelque chose se dégager de ce regard, et j'ai senti que cette personne avait ressenti ce même sentiment indescriptible que l'on éprouve lorsqu'on rencontre quelqu'un pour la première fois et que l'on sent qu'il s'agit de « quelqu'un de bien ». Fin du souvenir, point, à la ligne.

Plus tard, en y repensant, j'ai noté certains détails quelque peu singuliers. Tout ne peut pas n'être que coïncidence, j'aime à croire au destin, au fil qui, sans tout imposer, guide nos vies. Ces deux détails peuvent paraître anodins, mais je me plais à y voir un signe. Tout d'abord, opposition dans la place : moi, assis au deuxième rang en partant du fond, tout à fait côté couloir, « l'autre » installé au deuxième rang en partant de devant, tout à fait côté cour. Coïncidence ? Peut être pas... Autre opposition, concernant le temps cette fois-ci. Nos soleils sur nos thèmes astraux sont en opposition parfaite, autrement dit, nous avons exactement six mois de différence. Deux oppositions pour un seul et unique regard échangé, c'est beaucoup ! D'une manière ou d'une autre, nos destins sont liés. Comment ? L'avenir nous le montrera.

Mais le plus étrange dans cette histoire ne réside pas dans cette double opposition. Non, il y a plus incroyable encore. En effet, aussi stupéfiant que cela puisse paraître, et bien qu'ayant malgré tout une quasi-certitude, j'ignore encore et toujours à qui appartenait ce regard.

# Posté le vendredi 16 juin 2006 09:48

Modifié le lundi 18 février 2008 12:10

Desilusión

Desilusión
Estaba soñando con una playa exótica. Podía sentir el calor de la arena... De repente, sintió un viento más frío y se despertó. Abrió los ojos, vio a su novio que estaba entrando en la habitación. Estaba desnudo. Se aproximó, con deseo en la mirada. A través la penumbra, pudo adivinar lo que quería este hombre, lo que su cuerpo necesitaba para estar bien. Nada le pudiera impedir que haga lo que quería. Se los arrancó los vestidos y se tumbó en la cama. Ambos desnudos. El hombre empezó su obra. Subió sobre su víctima y le hizo lo que había proyectado. Su respiración se hizo cada vez más fuerte, provocando el sufrimiento en el otro cuerpo. Le empezaba a doler más y más. El hombre seguía moviendo las caderas. El padecimiento se fue aún más horrible, le conjuró que se detuviera pero el otro no escuchaba, sordo en su placer. Aumentando los golpes de riñones, le infligía más dolor, mucho más que lo podía suportar. Gritó, gritó pero sólo provocó la excitación del dominante que se fue aún más cruel. A terminación de media hora, su respiración llegó a su apogeo, gimió y liberó su semen contaminado en este cuerpo ya lleno de sufrimiento. Habiendo tenido lo que quería, se retiró y se durmió, abandonando al ser vacio, o más bien lleno de horror y de dolor.
El traumatismo le impidió que se volviese a dormir. Sólo se puso a llorar. Nunca había imaginado que querer a otro hombre pudiese significar tan dolor y una ausencia de placer.

# Posté le vendredi 16 juin 2006 09:51

Modifié le lundi 18 février 2008 12:10

Larme

Larme
Larme qui tombe sur la terre, sans vie, dans le néant de l'oubli... Tu es venue pour exprimer un sentiment, tu es née du coin de l'oeil et as parcouru toute la joue de haut en bas, avant de te détacher de ce corps qui t'a engendrée. Tu restes chaude l'espace de quelques instants, le temps de dévaler le visage puis de te rassembler pour tomber en laissant le moins possible de toi dans la traînée qui marque ton passage, vouée à une évaporation imminente. Dans ta chute libre tu es à ton apogée, prenant la forme de la goutte de pluie, mais contrairement à elle tu es salée. Au cours de ta chute, au fur et à mesure de ton accélération inexorable vers le sol, tu perds de ta tiédeur, tu te meurs, car ta forme aérodynamique minimise les frottements avec l'air et tu ne peux te réchauffer. Une larme qui s'écrase sur le carrelage, qui est absorbée par la terre, qui humidifie le vêtement, qui glace l'oreiller, qui se mêle au liquide sur lequel elle s'échoue, qui sèche au soleil en quelques instants, est une larme qui a vécu.

# Posté le vendredi 16 juin 2006 09:56

Modifié le lundi 18 février 2008 12:07

Cheminement idéalement délirant

Cheminement idéalement délirant
La Terre.
La mer.
La grand-mère.
Le grand-père.
La paire.
L'impair.
L'imper.
L'un perd.
L'autre gagne.
L'eau te regagne.
L'on te regarde.
La honte garde le rouge aux joues.
On joue rouge.
Perdu.
Pardi.
Paradis.
Pas un radis.
Betterave.
Bête grave.
Sot aigu.
Sot obtus.
Saut au but.
Saut de pute.
Saut de puce.
Puceau.
Pucelle.
Jeanne.
Jeune.
Jeûne.
Ramaddam.
Rame, Adam!
Pagaie, Eve!
Eve est triste.
Eve et Christ.
Eve écrit.
Ecrivez!
Ecrier.
Et prier.
Prière.
SVP.
SVT.
Est-ce voté?
Elu.
Eludé.
Elidé.
Eh! l'idée!
J'ai trouvé!
J'ai cherché.
Je cherche.
Recherches.
Cher chères.
Chair chère.
Amour.
Mourra.
Vivra.
Vive le rat!
Ravive-le.
Ranime-le.
Bouche-à-bouche.
Baiser.
Filet de bave.
Escargot.
Est-ce argot?
Idiotisme.
Idiotie.
Idiot-scie.
Idiot scié.
Id.
Idem.
Dime.
Dîne.
Dune.
Sable.
Fable.
Fabuleux.
Destin.
Déteint.
Délavé.
Dévalé.
Des vallées.
Des cols.
Décolleté.
V.
Voilà.

# Posté le vendredi 16 juin 2006 09:58

Modifié le jeudi 21 juin 2007 17:06